Label : Pony Rec.

Style : Nu-Jazz/Indie/Noise/Expérimental

Quatrième album déjà (après ‘Heimat’ en 2011, ‘Secretly We Are Gay’ deux ans plus tard avant un disque éponyme en 2015) pour les discrets mais prolifiques danois de SVIN, ces très habiles ‘faiseurs’ de musiques non-conventionnelles qui avec ce ‘Missionær’ paru comme son prédécesseur chez leurs compatriotes de Pony Rec. vont tenter d’exporter un peu partout sur le vieux continent (voire au-delà..) leur vision assez peu orthodoxe du rock indépendant et expérimental.

Produit au sein du studio Sundlaugin (La Piscine) créé par les membres de Sigur Ros et enregistré par Birgir Jón « Biggi » Birgisson – qui outre plusieurs disques de ses petits génies de compatriotes islandais a également bossé avec Agent Fresco, Alcest, Björk, The Album Leaf ou Sólstafir – ce nouveau disque signé du quartet de Copenhague atteint notre rédaction pour distiller de la manière la plus classe qui soit l’étonnant cocktail musical proposé par les scandinaves. Soit en gros une rencontre entre l’intensité d’un nu-jazz post-moderne aux rythmiques tribales et la tension noise-rock/indie expérimentale de Sonic Youth, pour un résultat aussi fracassant que magnétique.

En l’espace de six petites pistes composant un disque relativement court (moins de quarante minutes) mais racé, les quatre membres du groupe développent une musique à la fois organique et obsédante (« Dødskontainer »), presque bruitiste par instants, revendiquant l’influence du grand maître de la musique minimaliste (ce qui est assez curieux SVIN ne l’étant pas vraiment) et contemporaine (là, c’est déjà plus compréhensible) qu’est l’Estonien Arvo Pärt. Le tout, avec une écriture dont l’approche se veut résolument moderne et appuyée par une dynamique qui la rend bien souvent imparable (« Færgen Ellen »).

Une proposition artistique à la personnalité affirmée (ce « V » noctambule) mais parfaitement maîtrisée, qui s’amuse à dessiner un petit jeu de piste entre doom-jazz à l’onirisme feutré (« Jasper ») et free-rock (sur « Kirkeorgelsafrikaner »…) [ note de l’auteur : à vos souhaits ] aux circonvolutions expérimentales et imprévisibles. Un mélange des genres, mâtiné de musique contemporaine qui permet aux SVIN de s’extraire aisément de toutes les cases (forcément réductrices pour eux) dans lesquels on serait tenté de les enfermer. Le tout avant de boucler ce voyager au travers des limbes de la musique parfois abstraite avec un « Stella » qui ne l’est pas moins, au contraire.

Parfois erratique, d’autres fois plus linéaire dans sa structure, ‘Missionær’ est de ces albums troublants qui nous mettent dans une position (celle-là, c’est cadeau) parfois un peu inconfortable l’espace de quelques instants, mais rapidement plus fascinant dès lors que l’on accepte de s’y perdre.

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A propos de l'auteur

Big boss/grand-mamamushi, God(e) ceinture et mite en pull-over.

(je fais aussi le café et les photocopies)

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