Label :  Golden Antenna Records // Eeries Echoes // The Native Sound

Style : Doom/Post-Rock/Shoegaze

Originaire de Glasgow (en Ecosse pour les deux du fond qui dormaient pendant les cours de géo au collège), le trio FVNERALS est comme son nom l’indique, adepte d’une musique assez peu portée sur les ambiances éclairées, apaisées et enivrantes. Lui son ‘truc’ – en plus d’être plutôt du genre prolifique avec deux EPs et deux albums en à peine quatre années d’existence (l’EP ‘The Hours’ en 2013, un album intitulé ‘The Light’ un an plus tard avant un nouvel EP en 2015 baptisé ‘The Path’) – ce sont les atmosphères fantomatiques et obsédantes, les morceaux bercés par un onirisme au magnétisme légèrement angoissant et les mélodies un peu lunaires, toujours d’une élégance cendrée fascinante.

Loin d’être aussi minimalistes qu’on aurait pu les imaginer (l’introductif « Void », l’euphorisant morceau-titre, le phénoménal « Shiver »), les anglo-saxons savent construire des créations sonores aux architectures parfaitement étudiées. Entre fantasmagorie maladive, fascination lancinante pour le clair/obscur dépressif et noirceur tapie dans l’ombre d’une Chelsea Wolfe, le groupe distille des émotions à fleur de peau en même temps qu’il se fait l’éloge de la beauté, troublante, au travers d’esquisses mélodiques slowcore/doom/shoegaze fiévreuses.

On se prend à penser à l’œuvre du cinéaste David Lynch (‘Lost Highway’, ‘Twin Peaks’…) dans l’approche qu’à le groupe de part son écriture troublante, mais la lourdeur post-métallique qui s’abat ci et là vient nous arracher à notre torpeur et nous ramener à une réalité proche du travail des Swans avec ces petites textures légèrement cotonneuses que l’on retrouve dans les dernières œuvres de Grouper Godspeed You ! Black Emperor ou True Widow, sans pour autant se lancer dans des comparaisons qui n’ont pas vraiment lieu d’être (« Teeth »). Car, FVNERALS est complètement maître de son sujet et se l’approprie pleinement, ne serait-ce que sur l’introspectif « Crown », véritable climax de l’album.

Un ‘Wounds’ qui dévoile ces derniers atouts avec l’ombrageux « Antlers » puis le plus crépusculaire « Where ». Une ultime pépite afin de boucler la boucle de cet album rare, donc précieux, se révélant être la bande-son organique d’un film qui ne se déroule qu’au sein de notre psyché, nous procurant ainsi des effets extrêmement ambivalents. Entre fascination vénéneuse et contemplation transcendée par une voix féminine à la Birds Of Passage qui emmène l’auditeur en dehors du temps.

Frissonnant.

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A propos de l'auteur

Big boss/grand-mamamushi, God(e) ceinture et mite en pull-over. (je fais aussi le café et les photocopies)

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