Label : Glitterhouse Records

Style : Post-Pop

Quartet suédois originaire de la région de Jönköping, Immanu El – fondé en 2004 – s’était fait connaître sur le vieux continent et même au delà en l’espace de quatre petites années, soit entre son premier album ‘They’ll Come, They’ll Come’ (2007) et son troisième disque ‘In Passage’ (2011), avec entre temps ‘Moen’ (2009), tous sortis chez And The Sound Records (EF) et pour le dernier, ensuite réédité chez le label allemand Kapitän Platte (Halma, The Hirsch Effekt, We Stood Like Kings…). Le groupe était alors en route vers les cimes de la mouvance post-rock, enchaînant plus de 300 dates à travers l’Europe et allant jusqu’à franchir l’océan pour jouer au SXSW festival et même jusqu’en Chine. Puis… ben pas grand chose en fait (d’où le titre de l’album sans doute).

S’en sont suivies quelques cinq années de silence relatif au cours desquelles on ne sait pas trop ce que le groupe a fait évoquant un projet de quatrième album long-format en fin d’année 2013 sans donner de suite avant un petit moment puisque celui-ci – qui nous intéresse aujourd’hui – n’a vu le jour que 3 ans plus tard sous le titre ‘Hibernation’ et par le biais de l’écurie Glitterhouse Records (Wovenhand, The Walkabouts), les scandinaves changeant de dimension avec cette signature, comme du reste de registre musical. Enfin un peu. Parce qu’on le comprend très rapidement et ce dès l’inaugural single « Voices », le groupe a ici délaissé les rivages du post-rock pour s’orienter vers quelque chose de bien plus pop. Très pop. Post-pop on va dire oui, mais d’une classe étourdissante.

Parfois trop même (« Winter Solstice »), mais le résultat est pourtant d’une telle qualité émotionnelle (« Mt », « Omega ») que l’on serait tenté de tout pardonner aux Immanu El, même cette manière un tantinet irritante de vouloir plaire au plus grand nombre en distillant des mélodies ‘easy-listening’ quitte à enlever un peu de ce qui aurait pu faire le caractère unique de leur travail. Qui par ailleurs se révèle joliment ciselé, d’une élégante maîtrise formelle étincelante et au final, malgré les partis pris, les reproches relativement fondés, nous fait succomber de par ses motifs pop sertis d’harmonies enneigées et apaisantes. Au-delà du côté sucré et parfois un peu ‘pompier’ de cet ‘Hibernation’, les suédois parlent à l’intime (merveilleux « Hours »), réveillent notre innocence perdue et soignent les âmes blessées (« Empty Hands ») même s’ils en font parfois (beaucoup) trop.

Une musique destinée à réchauffer les cœurs glacés par les températures très en dessous de zéro du grand nord mais sans cesse émerveillés (et on les comprend) par ses paysages immaculés (« Completorium »), l’œuvre des Immanu El se veut certes plus mainstream que jamais, n’évite pas toujours les clichés inhérents au genre mais rempli à merveille son rôle « feel good ». Puis qui sait, c’est peut-être cela qui donnera une seconde vie au groupe et lui permettra d’exploser comme jamais.

On ne leur souhaite pas moins en tous cas.

13096156_10153645698216847_1311995035521348685_n

Site Officiel // Facebook // Shop // Twitter

A propos de l'auteur

Big boss/grand-mamamushi, God(e) ceinture et mite en pull-over. (je fais aussi le café et les photocopies)

Articles similaires