Label : Arctic Rodeo Recordings

Style : Indie-Rock alternatif/Power-pop

Quatrième album studio long-format pour les frenchies de Daria – soit pour ainsi dire le plus américain des quartets français estampillés « alternative-rock », dans les influences tout du moins (de Chokebore à The Jesus Lizard en passant par Girls Against Boys, Fugazi et Foo Fighters) – avec cet ‘Impossible colours’ sorti via le label allemand Arctic Rodeo Recordings. Soit en gros, le plus… américain des labels européens (Burning Airlines, Far, I Is Another, Jonah Matranga, Jawbox, Knapsack, Pilot to Gunner…). Forcément, avec un tel background on ne pouvait donc que l’attendre de pied ferme celui-là.

Surtout qu’après avoir collaboré avec J Robbins, figure incontournable du rock américain depuis 20 ans, avec l’un de ses innombrables projets en l’occurrence Office Of Future Plans (le bonhomme est aussi impliqué dans Burning Airlines, Channels, Jawbox, Government Issue, Regents…) le temps d’un split LP paru chez l’incontournable Dischord Records, les Daria ont composé le présent album en six mois avec MatGaz (Headcases, Mars Red Sky) avant de s’envoler pour les USA l’enregistrer chez J.Robbins lui-même, puisque le gazier est parallèlement un producteur de référence dans le milieu (Against Me, Clutch, Jawbreaker, Jets To Brazil, Modern Life Is War….).

Le résultat, intégralement capturé dans les conditions du live et sur un magnéto 16 pistes, voit le groupe servir douze titres dans la plus pure tradition du genre. Soit de l’indie-rock mélodique aux lignes de guitares puissamment addictives et aux éclairs power-pop qui traversent des morceaux ciselés pour faire sauter la banque (l’inaugural « Past/simple », le tubesque « Margins »). Une fougue aux effluves punk salvatrices, des refrains fédérateurs, un engagement de toutes les instants (« February », « A quiet anarchy ») mis dans des morceaux à l’efficacité invariablement imparable (« A tired hand » et sa fausse nonchalance classe), les Daria ne font clairement pas les choses à moitié.

Riffing tendu (« Suspension of belief », « Inner dialogue »), mécanique rythmique qui ronronne à la perfection (« The ghost in the machine », « I live in a Scottish castle »), morceaux résolument taillés pour le live et quelques belles explosions électriques (« Coup de grâce »), Daria fait parfaitement le job avec un savoir faire plus qu’éprouvé et une intégrité qui transparaît à chaque instant de l’album. Vouloir, c’est bien, être (authentique dans sa démarche s’entend), c’est mieux. Ici, au détour d’une ballade ténébreuse (l’éponyme « Impossible colours ») et d’un ultime coup de rein furieusement indie-rock (l’impérial « Empirical dismay »…), les Angevins démontrent qu’ils ont vraiment tout compris.

(très) Classe.

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A propos de l'auteur

Big boss/grand-mamamushi, God(e) ceinture et mite en pull-over. (je fais aussi le café et les photocopies)

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