Label : Epitaph

Style : Rock/Hardcore/Indie/Punk

A l’image de son titre, ‘Stage Four’, paru chez Epitaph et qui fait suite trois ans plus tard à l’excellent ‘Is Survived By’ – après deux albums commis via Deathwish Inc. – parle d’un sujet grave en évoquant de manière largement autobiographique le combat qu’a mené jusqu’à la fin la mère de Jeremy Bolm (soit le frontman et vocaliste du groupe) contre le cancer. Une thématique assez difficile donc, qui fait le cœur d’un album que les Américains ont su rendre à la fois sobre et particulièrement intense, habité par une mélancolie forcément douloureuse mais qui parle aussi d’espoir et d’amour. Jamais un nom de groupe n’aura été aussi bien porté que sur cet album.

Entre colère, désespoir, résignation, refus de la fatalité, Touché Amoré aborde la maladie de manière frontale, avec le magnifique « Flowers and You » inaugural et bouleversant qui ouvre ce nouvel album. Un titre à la fois touchant et rageur en forme de grand-huit émotionnel qui nous fait passer par un peu tous les états et démontre que le groupe, à l’image de ce dont il veut ici témoigner ne se laissera jamais abattre (« New Halloween »). Entre émo-rock éraillé, screamo déchirant et (post)-hardcore punk chevillé au corps (« Rapture »), les Américains célèbrent la vie en parlant de la mort et le font avec une énergie à la fois contaminatrice et une envie de tout renverser sur leur passage.

Sans fausse pudeur mais avec cette intégrité qui a toujours été l’une des marques de fabrique de leur musique depuis ‘…To the Beat of a Dead Horse’ en 2009, les Touché Amoré ne cachent rien et abordent les aspects les plus difficiles de cette lutte acharnée contre la maladie (« Eight Seconds », « Palm Dreams »). Du choc de la découverte des premiers symptômes, de l’acceptation de la maladie, le fait d’apprendre à (sur)vivre avec, de la peur de ne pas s’en sortir, de l’espoir, de ces moments où l’on sent au fond de soi le besoin de profiter une dernière fois de ces petits instants de bonheur que réserve malgré tout l’existence (« Benediction »), le groupe parle à l’intime et le fait avec une classe étourdissante (« Posing Holy », « Water Damage »).

Sa mère est décédée depuis et Jeremy Bolm, accompagné de ses frères d’armes, a voulu lui rendre un dernier et vibrant hommage avec cet album se terminant sur le très beau « Skyscraper » (avec notamment la contribution vocale de la jeune Julien Rose Baker). Une ultime ode à l’amour filial, émouvante mais pas lacrymale, touchant mais jamais forcée qui conclue joliment cet album indispensable, autant de part sa thématique que de sa réalisation imparable. Sans doute parce que les grands groupes et musiciens se révèlent dans les moments les plus difficiles de leur vie.

Respect.

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A propos de l'auteur

Big boss/grand-mamamushi, God(e) ceinture et mite en pull-over. (je fais aussi le café et les photocopies)

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