Label : Sumerian Records

Style : Metalcore/Hardcore-Punk

Quatre ans après l’excellent Anonymous’ et deux après le – un peu plus – oubliable ‘Subliminal Criminals’, tout deux sortis par le biais de l’écurie Sumerian Records, les Stray From The Path conservent leur imparable régularité (un album tous les deux ans depuis 2009) en livrant un ‘Only Death Is Real’ qui voit le jour dans un contexte où tout a changé pour le citoyen américain lambda (a fortiori aussi les musiciens). Et donc pour le groupe originaire de Long Island (NYC), qui à l’heure de commettre un huitième méfait discographique long-format a apparemment laissé infusé sa colère, son rejet de l’administration politique (et de ses excès) avant de se remettre à composer.

Pas étonnant de retrouver donc les gaziers remontés comme des pendules avec un « The Opening Move » inaugural qui rentre dans le lard de l’auditeur dès les premières secondes de l’album. La hargne, la puissance dans les impacts, la volonté affichée de ne pas s’autoriser la moindre concession, le SFTP cuvée 2017 respire l’urgence, la tension sous-jacente et l’envie de tout démolir sur son passage. Impression confirmée par le second titre de l’opus, un « Loudest In The Room » qui prend certes un peu plus le temps d’installer son sujet… pour mieux le soumettre à une grosse pression et le faire imploser. L’efficacité plus que retrouvée (avait-elle été perdue un jour ? Le débat mériterait d’être posée…), un rythme mordant et un charisme implacable : le groupe fait de jolis dégâts dans la tuyauterie mais n’a pas encore abattu tous les atouts qu’il a soigneusement gardé au chaud dans sa manche.

Quand on a une quinte flush royale dans les mains, pas besoin de bluffer. Et quand on a envie de se payer le système politique en vigueur et qu’on peut s’autoriser quelques vexations chez les esprits les plus fermés (le groupe ausculte un peu la conscience électorale de son pays…) : ça donne un « Goodbye Alt-Right » qui balance tout dans son titre en se payant le mouvement « Alt-Right », ce truc qui ne pouvait exister que dans les sociétés modernes complètement aliénées par le conspirationnisme forcené, la manipulation des masses (son abrutissement aussi), la médiocratie ambiante… et qui fait les beaux jours d’une nouvelle extrême-droite américaine. Une pensée ultra-conservatrice, foncièrement xénophobe et suprémaciste que les Stray From The Path se plaisent à piétiner en y allant franchement (« Lets Make A Deal ») avant de dresser un constat à la fois cinglant et sans concession avec « They Always Take The Guru ». Suivez mon regard pour trouver qui est ici ciblé.

 

En clair, le groupe n’en a plus rien à foutre et a décidé d’enfoncer des portes (déjà un peu ouvertes quand même) et sa maîtrise d’un cocktail hardcore/punk vs metalcore qui éparpille les derniers fantômes du néo-metal des 90’s aux quatre coins du studio, fait le reste. Et malgré ci et là quelques petites baisses de régime (« Plead The Fifth ») donne tout son sel à un album qui trouve également son intérêt dans les invités que l’on y croise. Keith Buckley (Every Time I Die, The Damned Things), Bryan Garris (Knocked Loose) et Vinnie Paz (Army Of The Pharaohs) viennent ainsi apporter du crédit à une démarche qui s’en trouve plus que validée par ce qu’on s’enfile dans les écoutilles. Un « Strange Fiction » qui envoie du tampon en pleine face et des placages au niveau de la carotide, un « All Day & Night » qui se jette dans les rucks, la hargne chevillée au corps et l’envie de briser quelques rotules pour seule arrière-pensée, le groupe peut finir le travail avec un « The House Always Wins » d’une lucidité glaçante puis un morceau-titre terminal qui enfonce définitivement clou dans la psyché de son auditoire.

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A propos de l'auteur

Big boss/grand-mamamushi, God(e) ceinture et mite en pull-over.

(je fais aussi le café et les photocopies)

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