Label : Send The Wood Music

Style : Emo-Rock/Indie/Post-Rock

Il y a trois petites années en arrière : un quintet lyonnais répondant au patronyme de Young Cardinals se faisait remarquer au moment de dévoiler avec ‘Lights I Burns I Despair’ un EP inaugural prometteur dans ce registre emo-rock alternatif/post-rock/indie qui était alors déjà celui du groupe. Lequel semblait déjà savoir parfaitement ce qu’il faisait. Une signature chez le label Send The Wood Music (Happening, Hord, Lessen, The Walrus Resists…) plus tard et – au passage une remise en avant dudit EP – et voici que les frenchies livrent au sortir de l’hiver, leur premier album studio long-format fatalement attendu au tournant. Son titre : ‘Sunset chaser’.

Un disque qui dès les premiers titres (« Jupiter » et « Dried shores ») parvient à imprimer sa marque, résolument rock à teneur émotionnelle mais sans céder aux clichés inhérents à un registre musical trop souvent galvaudé. Alors certes, on sent chez le groupe des influences plutôt prépondérantes à aller variablement reluquer du côté des Deftones, Thrice, feu-Oceansize ou Russian Circles. Et dans le même temps, vu les groupes cités, on conviendra que c’est ici plutôt preuve de bon goût. Surtout que dans le cas qui nous occupe et au travers de morceaux comme ‘The Weight of Inertness », on réalise que les gaziers ont plutôt bien digéré les œuvres de leurs modèles.

Riffing puissant, section rythmique parfaitement équilibrée, mélodies électriques et refrains habités, Young Cardinals font plus que simplement maîtriser leur sujet et servent sur un plateau des compositions qui versent dans l’intime tout en évitant la mièvrerie crasse. Mais aussi des pièces d’orfèvrerie sonore qui tapent dans le mille en conservant une dynamique d’une belle efficacité et une écriture qui sait jongler entre énergie nécessaire et douceur veloutée, délicatesse et force d’impact (« Blued and broken by strong fingers »). Le tout appuyé par quelques lignes de guitares particulièrement incisives et placées avec justesse là où il le fallait quand il le fallait (« Yellow and black »).

Surtout, plus qu’un groupe de plus dans ce registre émo-rock (au sens le plus pur du terme), les YC sont parvenus à écrire une série de petites pépites qui, au fil des écoutes et lorsque l’on prend l’album dans sa globalité, ne souffrent jamais de cet écueil récurrent chez nombre de leurs contemporains de la répétition. Si bien que ce ‘Sunset chaser’ enchaîne les hits (« Bedtime », la bombe « Die alone » ou « Sasha ») et met son petit monde à ses pieds. Faut dire en même temps qu’avec une telle qualité pour écrire des mélodies aussi enfiévrées qu’immersives (et du même coup addictives), ce n’est pas commun et ici salvateur (« The dawn » / « Strange days »).

Et si on les savait capables d’écrire une poignée de bons titres depuis leur EP, là, les Young Cardinals passent à l’échelon supérieur en s’offrant avec cet imparable ‘Sunset chaser’ une très jolie entrée dans la cour des grands. Classe.

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A propos de l'auteur

Big boss/grand-mamamushi, God(e) ceinture et mite en pull-over. (je fais aussi le café et les photocopies)

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