Label : Autoproduction

Style : Metal/Djent/Prog’

Alors que la ‘nouvelle’ scène metal/djent/prog’ technique hexagonale pullule de groupes plus ou moins talentueux à la reconnaissance médiatique inversement proportionnelle à leurs qualités intrinsèques (mais bénéficiant des largesses que seul peut offrir l’achat de visibilité sur les réseaux sociaux), Stömb fait certes un peu moins de bruit que d’autres sur le papier mais dans les faits compense par ce qu’il a à proposer. Et comme c’est tout ce qui nous intéresse au fond…

La preuve avec ‘The Grey’, premier album long-format du quartet francilien qui parvient dès les premiers instants à s’inscrire dans la veine des Uneven Structure (soit l’autre groupe frenchy de gros calibre dans ce registre-précis), pour distiller une musique organique et évolutive à la puissance onirique qui n’est pas du tout gâchée par une maîtrise formelle irréprochable et un songwriting intelligent. On ne va pas se mentir : dès l’inaugural « The complex » et encore plus avec les pistes qui lui succèdent (« Rise from Nothing » ou « Veil of Asphalt »), on comprend très vite que les parisiens ne sont pas emmerdés par la technicité de pointe qu’exige genre et font par conséquent preuve d’une efficacité des plus redoutables.

Rayon ambiances et tableaux mélodiques, ce qu’ils parviennent à esquisser reste constamment de haute volée si bien que l’immersion dans ‘The Grey’ se fait sans effort alors que le groupe parvient à éviter soigneusement l’écueil de l’exercice de style démonstratif et prétentieux. Et accessoirement du fan-service de l’icône Meshuggah (« Corrosion Juncture », « Under the Grey »…), le tout, en affinant leur griffe musicale propre. Musculeuse et élégante dans sa capacité à développer des constructions sonores – exclusivement instrumentales – à la fois personnelles et complexes. Sans ressembler à un énième clone de TesseracT voire Vildhjarta (la voix en moins).

Une grosse puissance de frappe qui prend tout son sens lorsque le groupe passe en mode compresseur de tympans (« The New Coming »), mais également de la finesse (« The Crossing », « Only an Echo ») pour aboutir à un résultat qui s’étend tout de même sur quasi 69 minutes de musique et qui réussit le tour de force de ne jamais être ennuyeux, le groupe impressionne. Et, au détour d’un « Genome Decline » et/ou d’un « Terminal City », laisse entendre qu’il a a déjà parfaitement tout compris au genre qu’il explore avec une maestria sans faille. Et de tout en bout qui plus est, sans que l’on ne trouve quoi que ce soit à jeter.

Un véritable tour de force.

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A propos de l'auteur

Big boss/grand-mamamushi, God(e) ceinture et mite en pull-over. (je fais aussi le café et les photocopies)

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