Label : Geenger Records

Style : Post-Metal/Post-Rock

Quelques temps après s’être fait remarquée dans nos pages avec Autism, Moanaa ou encore Spoiwo et The Canyon Observer, la scène post-metal/indie/hardcore d’Europe de l’Est fait de nouveau preuve de son étonnante vitalité avec le groupe croate Emphasis et son nouvel album long-format ‘Black.Mother.Earth’ sorti par le biais du label Geenger Records (Killed A Fox, Shoot Me Wendy). Un disque qui sort un peu des sentiers battus avec son petit twist, des voix féminines donnant une tonalité particulière à l’inaugural « Muna », morceau d’ouverture d’un album qui se cherche longtemps pour parvenir à trouver sa voix.

On ne pense à rien de particulier au départ tant le début de l’album peut paraître déroutant. Puis « IAM » et « Black Silt » déploient les instrumentations et l’œuvre du groupe prend tout son sens, entre post-metal rugueux et post-rock aérien, à la croisée des chemins entre Russian Circles, This Will Destroy You ou Isis. Peu à peu le groupe explore différents sillons musicaux avant d’affiner sa griffe, entre émotions brutes et riffing lourd, esquisses mélodiques venant s’imbriquer dans un amas sonore à l’épaisseur affirmée et vocaux écorchés vifs, Emphasis imprime sa marque dans l’esprit de son auditoire (« Rivers Under »).

Surtout qu’au moment où l’on se dit que le groupe risque de finir par tourner en rond, il parvient à saisir de nouvelles intrications créatives afin donner encore un peu plus de caractère à un album qui surprend, déroute parfois puis finalement convainc pleinement avec son chant régulièrement étouffé et sa production crue, ses faux rythmes imprimant une dynamique un peu inhabituelle et son ambiance générale à la fois glaçante et désespérée : parfois lumineuses, souvent résignées. Soit à l’image d’une œuvre qui cherche à trouver les émotions contradictoires, un peu inattendues, profondément humaines (Captains of North).

Pour faire court, ‘Black.Mother.Earth’ et son sous-texte écologique possède tout ce que l’on était en droit d’attendre d’une œuvre de ce calibre (l’intense « The Quiet Roads »), refusant de s’enferrer dans la compromission pour se libérer d’un carcan post-quelque chose forcément étroit et limité afin de créer une oeuvre personnel, non exempte de quelques défauts mais qui a le mérite de ne pas ressembler aux centaines d’autres ferraillant dans le même registre. Avec ce petit truc qui fait la différence et tout l’intérêt de l’album, en plus d’un savoir-faire formellement éprouvé. On valide forcément la démarche.

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A propos de l'auteur

Big boss/grand-mamamushi, God(e) ceinture et mite en pull-over. (je fais aussi le café et les photocopies)

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